Louise Michel, “Memories of Caledonia” (1887)


[A Final Thought]


MEMORIES OF CALEDONIA
(SONG OF THE CAPTIVES)

Here the winter has no hold,
Here the woods are always green;
From the Ocean, the fresh breeze
Blows over the dreary deserts,
And so profound is the silence
That the insect which sways
Alone troubles the calm of the air.

Evening, on these remotes shores,
Sometimes rises a sweet song:
It is some poor shellfish
Which murmurs while it opens.
In the forest, the oleanders,
The newly blooming flowers
Quiver with love in the wind.

See, from the starry waves,
Breaks a wandering whiteness!
Fleets are in full sail
In the immense depths.
In the night that enlightens the worlds,
See erupt from the breast of the waves
These phosphorescent glimmers!

Come as savior, nimble ship,
Hoist the captive aboard!
Here, in irons we expire:
The penal colony is worse than death.
But in our hearts hope survives,
And if we once again see France,
It will be to fight once again!

Here is the universal struggle:
In the air glides Liberty!
We are called to battle by
The clamor of the disinherited!…
… The dawn dispels the heavy darkness,
And the New World towers
On the bloodstained horizon!

SOUVENIRS DE CALÉDONIE
(CHANT DES CAPTIFS)

Ici l’hiver n’a pas de prise,
Ici les bois sont toujours verts ;
De l’Océan, la fraîche brise
Souffle sur les mornes déserts,
Et si profond est le silence
Que l’insecte qui se balance
Trouble seul le calme des airs.

Le soir, sur ces lointaines plages,
S’élève parfois un doux chant :
Ce sont de pauvres coquillages
Qui le murmurent en s’ouvrant.
Dans la forêt, les lauriers-roses,
Les fleurs nouvellement écloses
Frissonnent d’amour sous le vent.

Voyez, des vagues aux étoiles,
Poindre ces errantes blancheurs !
Des flottes sont à pleines voiles
Dans les immenses profondeurs.
Dans la nuit qu’éclairent les mondes,
Voyez sortir du sein des ondes
Ces phosphorescentes lueurs !

Viens en sauveur, léger navire,
Hisser le captif à ton bord !
Ici, dans les fers il expire :
Le bagne est pire que la mort.
En nos coeurs survit l’espérance,
Et si nous revoyons la France,
Ce sera pour combattre encor !

Voici la lutte universelle :
Dans l’air plane la Liberté !
A la bataille nous appelle
La clameur du déshérité !…
… L’aurore a chassé l’ombre épaisse,
Et le Monde nouveau se dresse
A l’horizon ensanglanté !

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